marmaris escort
Arrivage de CD & Vinyles collectors sur la boutique ! Stock limité

On a écouté le dernier album « Effendi » de Sameer Ahmad

 

Projet après projet, Sameer Ahmad s’affirme encore davantage comme un profil atypique au sein du paysage du rap français. Enseignant aux alentours de Montpellier dans le civil, l’artiste d’origine irakienne n’a pas besoin de pseudonyme pour offrir sa poésie lumineuse à son auditoire, loin de l’exposition des têtes d’affiche, ce qui explique le titre de l’une des pièces maîtresses de sa discographie, Perdants magnifiques. Dans le dernier opus en date, Effendi, paru le 10 décembre 2021 et dont le nom désignait les hommes instruits dans l’Empire Ottoman avant de prendre un sens plus oral en Irak, tel un équivalent de « chef », le rappeur désormais bien ancré dans la quarantaine enchaîne, avec une facilité déconcertante, les références aux figures de divers horizons qui l’inspirent, dans l’atmosphère cinématographique qui le caractérise. Effendi fait partie de ces œuvres que l’on admire, que l’on ressent, et dont on ne ressort pas inchangé. Sameer Ahmad s’affirme ici, plus que jamais, en artiste au sens noble du terme, celui pour qui l’esthétique de l’œuvre prévaut sur tous les autres paramètres, sans toutefois que le discours ne perde en substance.

 

 

Effendi

En guise d’introduction, Sameer Ahmad sample ici des extraits du film Mon nom est personne, réalisé par Sergio Leone, qui est son réalisateur fétiche et dont l’évocation est récurrente au cours de sa discographie. L’album débute ainsi dans une ambiance de western, ce qui surprend à la vue des origines des figures citées par la suite au cours de l’album.

 

Siddhartha

Le morceau débute par le refrain, qui résume assez bien son auteur : “J’suis sur la voie de Siddartha, j’entends la voix de Sinatra”. La spiritualité est toujours centrale dans la musique de celui qui s’autoproclamait Nouveau Sinatra sur l’album Perdants magnifiques en 2014. Entre références à Akhenaton ou à Cypress Hill, ce morceau est truffé d’un egotrip qui lui est particulier, avec des punchlines dont seul lui a le secret : “Perdant invaincu, génie à l’insu de mon plein gré”. L’union de Siddartha Gautama, dit Bouddha, et du crooner américain donne ainsi naissance à ce rappeur à l’univers si particulier

 

Matriochka

Comme Médine, qui rappait : “J’fais pas du rap pour qu’on l’écoute, j’fais du rap pour qu’on le réécoute” dans Grand Médine, Sameer Ahmad est lui aussi partisan de la replay value, et écrit : “Il t’faudra une deuxième écoute car Lyrics Matriochka”. Tel une poupée russe, le rap du montpelliérain dévoile de nouveaux secrets au fur et à mesure qu’on le creuse, et ces secrets sont sublimés par le sample du film Mid 90’s de Jonah Hill, en début, milieu et fin de morceau, qui raconte le milieu du skate dans le Los Angeles de la fin du siècle dernier. Outre les westerns, cette discipline est l’autre grande passion de Sameer Ahmad, qui ne manque jamais l’occasion de l’honorer dans ses textes.

Vera Cruz

C’est ici un western de Robert Aldrich, sorti en 1954, qui donne son titre au morceau. La couleur musicale particulière du titre est explicitée dès les premières lignes : “Du blues new soul un peu comme Jazzmatazz”, en référence à la série d’albums de Guru. Les différentes figures historiques qui ont marqué Sameer Ahmad sont mélangées dans un harmonieux chaos, il fait notamment rimer “John Lennon” avec “Corleone”. Après l’Asie du Sud-Est et la Russie, le voyage proposé par cet album nous ramène en Amérique, avant une nouvelle escale.

 

 

Diogène

Direction la Grèce Antique pour la suite du périple, on retrouve ici Sameer Ahmad dans la peau du philosophe athénien. Le refrain est basé sur une réplique qu’on prête à Diogène, qu’il aurait lancée à Alexandre Le Grand, venu profiter de son savoir, remixée à la sauce west coast : “Dégage de mon soleil my man, dégage de mon soleil”. Cette punchline antique symbolise toute l’insolence et l’irrévérence du penseur, réfractaire à toute forme d’autorité politique ou morale, ce qui inspire à Sameer Ahmad un parallèle osé avec Assassin, matérialisé par la fin du refrain : “Note mon blaze sur ta liste”.

 

 

Pazuzu

Tout comme Vald avec Annunaki, Sameer Ahmad s’inspire également de la mythologie mésopotamienne sur ce titre. Roi des démons et lieutenant de Lucifer, Pazuzu semble ici poursuivre le rappeur qui cherche tant bien que mal à l’éviter. Même en évoquant les sujets les plus sombres, une once de lumière subsiste et le MC franco-irakien préserve ce qui lui reste d’espoir dans ce titre aux airs de sombre interlude.

 

Nora Miao

Ce titre est quant à lui dédié à l’actrice hongkongaise, qui a souvent partagé la vedette avec Bruce Lee. L’ambiance du morceau nous fait revenir en Asie pour la deuxième fois dans cet album. Entre références à 2Pac, la Fonky Family et Hifi, Sameer Ahmad chante subtilement sa fascination pour celle que l’on devine avoir été son crush de jeunesse : “Oublier l’embargo avec Nora Miao / Depuis gosse, qu’est-ce qu’elle était belle dans Big Boss”.

 

 

Bleu Delta

Direction la Nouvelle-Orléans pour ce titre, sous la forme d’un couplet unique, dans lequel la diversité des références étonne toujours, comme celle à Space Jam : “Qui se ressemble s’unit comme Jordan et Bugs Bunny”. Il tient toujours à marquer sa différence et sa singularité par rapport à ses confrères : “Mon truc s’rapproche de ce qu’ils appellent le rap”, avant de conclure avec une phrase dont il a le secret : “Ainsi rappera Zarathoustra, pas de Kama Sutra ni de Mara Salvatrucha”. Il se réapproprie ainsi le poème de Nietzsche et prend ses distances avec les autres rappeurs plus intéressés par le sexe et la violence, contrairement à lui qui poursuit sa quête intérieure.

 

Prodige

Ce titre apparaît comme un condensé des univers explorés au long de l’album, comme s’il s’apprêtait à devoir mettre un terme au voyage dans lequel il nous a embarqués. Si la répétition de “Senseï” en intro et en outro ramène vers le Japon, les sonorités du titre ne semblent pas appartenir à une civilisation particulière, l’ambiance est plus aérienne et éthérée. De nombreuses références musicales s’enchaînent au début du morceau, les Beatles, les Rolling Stones, 13 Block et Mozart forment ici un cocktail musical déroutant, comme pour symboliser le cycle de la transmission musicale, car comme Sameer Ahmad l’affirme en conclusion, “C’qui compte c’est les prodiges et les senseïs”.

 

Sikaru

Ce titre porte le nom d’une variété de bière consommée il y a six mille ans par les mésopotamiens, comme si, après ce voyage, il fallait lever un toast en l’honneur de celui-ci et en prévision d’une éventuelle future aventure. Cet album est parachevé par un nouveau morceau où les vers sont écrits avec une précision d’orfèvre, avant que la suite de l’extrait de Mon nom est personne de Sergio Leone, qui clôturait le premier titre du projet, ne vienne clore cet album, avec sa propre morale : “Ceux qui te mettent dans la merde ne le font pas toujours pour ton malheur et ceux qui t’en sortent ne le font pas toujours pour ton bonheur. Mais surtout ceci : quand tu es dans la merde, tais-toi !”.

Visitez l’espace Sameer Ahmad

 

Chronique rédigée par Adrien (Scred Magazine).

> VISITEZ LA BOUTIQUE DU RAP FRANÇAIS

SHOP PAR ARTISTE
  • Scred Connexion
  • L'uzine
  • La cliqua
  • Davodka
  • Demi Portion
  • L'hexaler
  • Paco
  • Iam
  • Assassin
  • Dabuz
  • FhatR
  • La Brigade
  • Expression Direkt
SHOP RAP FR
Des milliers de produits Rap Français t'attendent sur Scredboutique.com