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On a écouté l’album « Médine France » de Médine

Il y a tellement de qualificatifs pour décrire Médine, tant le rappeur havrais excelle album après album en se réinventant constamment. Les convaincus sont toujours plus nombreux, même si d’irréductibles individus s’évertuent encore à le caricaturer comme un islamiste radical, lui qui est encore aujourd’hui malgré lui au cœur de la polémique en Belgique, où des personnalités politiques veulent lui interdire de se produire au bien nommé festival Libertad de Verviers. Face à cette agitation médiatique, Médine utilise ses meilleures armes, les réseaux sociaux, pour tourner en ridicule la situation, et la musique, en proposant un nouvel album à la pochette impactante, qui représente sa carte d’identité. Cela renvoie à diverses questions sociales qui ont émaillé l’actualité récente, notamment à propos de l’identité française et de la situation sociale qui a conduit aux récents scores de l’extrême-droite aux présidentielles. Dénué de tout featuring, Médine France, qui reprend le jeu de mots qui a inspiré le projet Made in dix ans plus tôt, nous promet donc un face-à-face avec un rappeur engagé, un père de famille épanoui et un homme français qui montre constamment son attachement à ce pays et sa culture tout en pointant ses failles.

 

 

 

Médine France

 

Le titre éponyme était également le premier single de l’album, dans lequel le havrais pointe les dérives de différents pays sur les plans sociaux et économiques, pour montrer que le mal est partout. L’idée du morceau peut ramener à celle du titre Ferme les yeux et imagine-toi de Soprano et Blacko, dans lequel l’ex-membre de Sniper chante « On sait très bien ce qui se passe ailleurs mais on ose se plaindre ». Cependant, la France n’est pas à l’abri des reproches, et toute la seconde partie du morceau est consacrée à la société française et ses dérives, que ce soit les questions d’immigration ou les polémiques autour de la réforme des retraites. Le morceau se conclut par « Quand le français perd sa beauté, alors il défigure les autres », pointant là encore la difficulté que peut avoir la société française à s’assumer elle-même.

 

 

Allons zenfants

 

« La Marseillaise, même en gospel, ça m’a toujours fait dégueuler » rappait Médine dans l’album précédent sur HLM Grand Médine, il choisit ici de la réinterpréter à sa manière, en jouant sur les clichés sur les français et en rappelant constamment les liens culturels qui peuvent lier France et Maghreb. Dans sa version de l’hymne national, il met davantage l’accent sur « bientôt le jour de gloire », tandis que « le reste c’est qu’un détail, aux armes et cætera ». Il se revendique donc légitimement comme enfant de la patrie et digne de chanter l’hymne à sa manière.

 

 

Saint-Modeste

 

« J’suis né le jour de la Saint-Modeste, ça fait pas de moi un modèle » disait-il dans Biopic. Le 24 février, date de son anniversaire, lui inspire donc un nouveau titre. Révélé sur Booska-P en tant que deuxième single, le titre est tout aussi impactant que le début du projet, le début du titre étale notamment les contradictions entre la vie de star du rap et celle de croyant puis en partant en egotrip à propos de sa popularité et de l’amour du public, bien plus fort que la haine qu’il peut recevoir. Il place également une dédicace à sa famille, « Famille de tismé, toute ma descendance ressemble à Jet Li / M.A.2S, Genghis et Mekka, on va leur faire l’Indochine » qui est elle-même un hymne au métissage et au mélange culturel qui définit la France.

 

 

Ratata

 

Médine tente ici un morceau chanté, d’une manière encore plus poussée que ce qu’il a pu faire sur le projet précédent, dans un format qui rappelle une comptine. Du point de vue d’un petit garçon puis d’une petite fille, probablement inspirés par ses enfants, il s’imagine leurs rêves de réussite, prenant Omar Sy et Leïla Bekhti comme modèles, avant que la dernière partie vienne leur rappeler que l’environnement de la cité dans laquelle ils grandissent peut s’avérer très néfaste. Seul le fait de croire fortement en ses rêves apparaît alors comme une issue de secours.

 

 

La puissance du port du Havre

 

Le titre vient directement d’un sketch de Michaël Youn, qui caricaturait Le Havre et d’autres villes de province. Médine prend le cliché à revers pour délivrer une puissante lettre d’amour à sa ville, à la manière de ce qu’il avait déjà fait dans Bataclan pour la salle de spectacle. Même s’il chante à l’occasion la force du Grand Paris, Médine reste un havrais pur jus, fier de sa terre et qui a appris avec le temps à en saisir la beauté, à l’image de son homologue caennais OrelSan qui l’évoquait déjà dans Dans ma ville on traîne.

Le gouvernement choisit Le Havre pour le siège du futur Grand port maritime de l'axe Seine

 

Médicis

 

« Pour eux le rap c’est le Club Med, pour moi la Villa Médicis » apparaît comme une mise à jour de la punchline « Sais-tu vraiment ce qu’est le rap français ? / Pas une machine à sous mais une machine à penser » de Lecture aléatoire. S’en suivent deux minutes remplies de punchlines, avec la verve habituelle de l’Arabian Panther, qui s’oppose éternellement au modèle dans lequel on veut l’enfermer : « Si c’est ça être un papillon, j’préfère rester une chenille ».

Villa Medici - Virtual Tour 360° - CHO vCARD

 

La France au rap français

 

Après les élections présidentielles qui ont eu lieu récemment, Médine se place ici en candidat du rap français, « en campagne dans ton bled ». Il agrémente son egotrip d’adlibs bien connus de différents rappeurs français, « Mathafack » de SCH, « Ekip » de Freeze Corleone, « Okay » de Naps, « Grrrr Paw » de Gazo, « Ça flingue » de Guy2Bezbar, « Sauvage » de Kalash Criminel, « Tiens tiens et retiens » de Ninho ainsi que « Méchant méchant » de Niska, comme pour montrer qu’il peut compter sur la validation de tous ceux-ci dans sa campagne. Comme il l’avait déjà affirmé sur les deux Grand Paris, « La banlieue influence Paname », il caresse donc le doux rêve d’étendre cette influence jusqu’à l’Élysée et d’inverser le rapport de force avec certains politiques qui lui ont parfois mis des bâtons dans les roues.

 

 

Grenier à seum

 

Médine montre ici le côté sombre de son personnage toujours souriant et drôle, et nous ouvre les portes de son « grenier à seum », dans lequel on retrouve des souvenirs de personnes qui ont voulu lui nuire, comme une prof ou une élue racistes qui le voyait terroristes, ou sur les éternels amalgames dont il est victime, en raison notamment de la désinformation de l’extrême-droite. L’évocation sur un ton amusant de ces anecdotes tristes permet également de ralentir le rythme cadencé de l’album et de respirer davantage.

 

 

Houri

 

Sur un guitare-voix, Médine adresse une belle déclaration d’amour à son épouse Karinale, aka Cheez Nan, comme il l’avait déjà fait auparavant dans le titre Tue l’amour. Les « houri » en langue arabe, désignent les beautés célestes qui accueillent les arrivants au paradis en islam. Le refrain « T’es ma houri, j’t’aime à mourir » renvoie ainsi à l’idée de passer sa vie et sa mort ensemble, déjà évoquée par OrelSan dans Paradis, et donc d’accéder au final à l’endroit où se trouvent les houris, pour l’éternité.

 

Houri - Wikipedia

 

 

Perles d’Insta

 

Très actif sur les réseaux sociaux, Médine doit régulièrement composer avec différents trolls et haters, qu’il a décidé d’intégrer pleinement à un titre. Des extraits de vocaux hostiles viennent ainsi compléter des couplets incisifs s’attaquant  principalement aux « muslims de Wish » qui n’hésitent pas à critiquer sa foi sans respecter eux-mêmes tous les préceptes qu’ils défendent : « Ils ont toujours un avis sur l’auteur plutôt qu’le livre / Car le livre ils l’ont pas lu ». Il place également un tacle aux analystes et youtubeurs en herbe qui donnent parfois des avis peu éclairés sur l’actualité musicale via les réseaux sociaux. Les perles d’Insta sont tellement nombreuses que Médine hésite : « J’vais peut-être en faire un livre », elles ne se limitent pas au contenu de ce morceau.

 

 

Générique

 

Éric Zemmour a souvent été une cible privilégiée des rappeurs français grâce à ses prises de position, et son récent statut de candidat à la présidentielle n’a pas arrangé cette situation. Sinik s’est notamment récemment attaqué frontalement à lui via le titre Sous culture, et Médine lui emboîte ainsi le pas. Exposant au grand jour les failles et contradictions de l’ancien chroniqueur dans un couplet incisif, il termine par « mon petit cœur restera français », une pensée que Zemmour semble se refuser à prendre en compte lorsqu’elle vient de personnes dont la façon d’être ne lui conviennent pas. Le morceau se termine par un solo de piano plus calme, comme pour signifier la défaite du candidat aux 7% face aux idées partagées par Médine et la majorité du peuple français.

 

 

Hier c’est proche

 

Le titre est une référence à Demain c’est loin d’IAM et débute par le célèbre « Hier encore j’avais vingt ans » de Charles Aznavour. La première partie du morceau évoque les difficultés du Médine adolescent dans la découverte de son identité et de son rapport à ses origines, à sa religion. Il évoque ensuite son entrée dans le rap, la démystification de certaines de ses idoles et l’évolution de la musique. Il se compare à ses débuts au Chanteur de Balavoine : « Je me présente je m’appelle Médine et j’aimerais réussir ma vie ». Après avoir effectué ce retour en arrière nostalgique, Médine reprend son regard actuel et constate le chemin parcouru, ce qui n’était que rêve est devenu réalité en détruisant certaines illusions, et sa tâche est désormais de pérenniser ce qu’il a bâti toute sa carrière.

 

 

L’école 2 la vie

 

Le premier morceau L’école de la vie figurait en 2004 sur le premier album de Médine, 11 septembre, récit du 11ème joue, il lui donne ici une suite comme il l’avait fait avec Rappeur 2 force auparavant. C’est un nouvel hymne à la persévérance, au travail et à l’effort, plus calme et mélodieux que le premier, mais toujours empli de la sagesse de son auteur. La phrase « Personne frappe plus fort que la vie, ça restera toujours la meilleure école » résume l’idée du morceau, qui pousse l’auditeur à se relever de ses échecs pour continuer d’avancer.

 

 

Heureux comme un arabe en France

 

Pour conclure cet album, Médine décide à nouveau de jouer avec les déboires subis par les personnes, entre autres, d’origine arabe dans l’Hexagone. Entre difficultés sociales et racisme ordinaire, Médine dévoile ainsi tous les obstacles qu’il a su éviter pour être celui qu’il est aujourd’hui, avant de rappeler dans l’ultime couplet qu’il mérite le statut de français autant que n’importe quel concitoyen, dressant par la même occasion un parallèle entre lui-même et Samuel Paty. L’album se conclut par ces mots : « Y’a ceux qui se séparent, et y’a ceux qui réparent / Une révolution c’est faire un tour sur soi-même donc c’est revenir au départ », qui sonnent comme une ode au vivre-ensemble et au construire-ensemble, loin de l’image de séparatiste dont il a longtemps été affublé. La fraternité, troisième partie de la devise française trop souvent oubliée est ainsi remise au premier plan par ces ultimes mots.

 

 

La puissance du port du Havre (remix) – Titre bonus

 

Le premier des deux titres exclusifs à la version physique de l’album est un remix du morceau solo existant déjà au sein de l’album, avec en plus de Médine, des couplets de rappeurs havrais encore peu connus, SRK, Malti et AliB, ainsi que d’autres avec qui le public est plus familier, Pirate, Alivor et Oumar, membres éminents de la structure Din Records / Mind. Cette émulsion donne une nouvelle force au propos du titre originel et permet de donner de l’exposition à des artistes plus confidentiels.

 

 

Enfant du destin (Yasser) – Titre bonus

 

La série des Enfants du destin s’enrichit d’un nouvel épisode, qui suit cette fois l’épopée d’un jeune réfugié soudanais, Yasser. Son périple le conduit à l’esclavage au Maghreb, avant de tenter de traverser la Méditerranée. Le voyage vers l’Espagne tourne court et le pauvre migrant voit son salut dans un train de marchandises qu’il occupe clandestinement, jusqu’à être découvert par les douanes françaises autour de Calais. Il s’installe ensuite dans un camp de migrants aux conditions extrêmes, avant de tenter de rejoindre les côtes anglaises et de faire naufrage. Son corps est ensuite porté par la marée jusqu’à la plage de Calais, lieu qui marque l’échec de son odyssée, odyssée qui n’a existé qu’en raison des ravages de la guerre sur son pays d’origine. Comme tous les Enfants du destin il connaît un destin tragique, une mort imméritée mais qui n’est que la conséquence de la violence et de l’inhumanité des humains.

 

Chronique rédigée par Adrien

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