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On a écouté l’album « Mange tes morts » de Seth Gueko

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C’est assurément une page de l’Histoire du rap français qui se tourne. Après près de deux décennies à déverser les multisyllabiques les plus inventives sur divers projets, Seth Gueko publie son ultime album. Le titre, Mange tes morts, renvoie ainsi à l’imagerie gitane, dont la présence a accompagné la carrière de notre Barlou national, et sonne comme une énième provocation sympathique de la part d’un artiste qui s’inscrit dans la plus pure tradition des trublions de la culture française. Ce dernier disque n’est pas synonyme de retraite pour le Professeur Punchline, qui a d’ores et déjà promis la publication ponctuelle de titres à l’unité suivant son inspiration, cependant, il fallait bien un projet extrêmement ambitieux pour clore une telle discographie, avec vingt titres et une myriade d’invités pour entériner l’épilogue d’une immense carrière, d’un rappeur, qui, tel Zidane en 2006, met un point d’honneur à finir au top de sa forme.

 

 

Témoin zéro

 

Après avoir forgé sa réputation sur la qualité de ses multisyllabiques, c’est tout sauf une surprise que le dernier album de Seth Gueko s’ouvre sur un sample aux forts accents new-yorkais. L’inventivité et la facilité qu’il a à enchaîner les punchlines donnent le ton pour la suite du projet, qui s’annonce énergique et ambitieux.

 

 

Chtliliben

 

La prison est nommée « chtiliben » par les gitans, communauté dont Seth Gueko a toujours été proche, notamment dans la période entourant l’album Michto. Les couplets suivent sa recette classique, tandis que le refrain autotuné peut surprendre, les tentatives du genre étant assez rares dans sa discographie, même si l’on retient notamment l’excellent Sale temps pour un cabot. L’imagerie gitane est mise en place par le titre, ce qui permet de préparer le terrain pour le titre suivant.

 

 

Mara Salva (feat. Gribs)

 

Le nom du rappeur de Grenoble, très peu exposé en comparaison des autres invités de l’album, suscite ainsi une certaine interrogation, vite dissipée par son entame agressive du morceau, dans un style qui peut rappeler certains anciens acolytes de Seth affiliés à la communauté gitane tels que 25G. La connexion fonctionne à merveille, nouvelle preuve de la capacité de Seth Gueko à s’adapter à n’importe quel style de rappeur.

 

Seth Gueko – Mara Salva Lyrics | Genius Lyrics

 

 

Mange tes morts

 

L’ambiance du début d’album était idéale pour introduire le titre éponyme, mis en images avant la sortie de l’album, et qui reprend également les éléments visuels caractéristiques des premiers clips de Nicolas Salvadori, barbecue, caravane et motards, avec une qualité d’image beaucoup plus soignée cependant. Le relatif retour aux sources opéré depuis le début de l’album apparaît ainsi comme une manière de mesurer le chemin parcouru. Le refrain, construit autour de l’expression qui donne son nom à l’album, sonne comme une célébration de cette culture gitane, jouant avec certains clichés sans s’enfermer dedans, et rend hommage à une période charnière de la carrière de Seth Gueko.

 

 

J’veux des sous (feat. DA Uzi)

 

Le rappeur sevranais est convié pour une combinaison inédite dans laquelle son spleen et sa mélancolie se marient à merveille avec la verve de Seth Gueko, qui, au milieu d’un « puzzle de mots et de pensées », appuie un peu plus sur le sujet des violences policières. Le titre du morceau ne laisse pas de doute sur les motivations des rappeurs, qui chantent leur soif de réussite et les obstacles évités pour cela. Même au crépuscule de sa carrière, Seth Gueko semble toujours avoir la même dalle qu’au début, la même qui le pousse à se confronter avec les kickeurs les plus redoutables de France et d’ailleurs.

 

 

Feu en l’air (feat. Lefa)

 

Lefa est reconnu comme l’un des compétiteurs les plus redoutables en featuring, et ce morceau ne fait pas exception. Les deux rappeurs ont un couplet chacun et se partagent le refrain. Le niveau de performance est tellement élevé qu’il est difficile de déterminer un vainqueur de cette confrontation, qui donne avant tout lieu à un excellent morceau et une démonstration de rap technique, fidèle à la tradition de Néochrome.

 

 

Last poètes (feat. Benjamin Epps)

 

Nouvelle démonstration d’écriture avec un nouvel invité de marque, l’une des plus grandes révélations de ces deux dernières années qui plus est. Chacun inspirés par différentes époques du rap new-yorkais, les deux rappeurs se retrouvent sur une prod boom-bap minimaliste et efficace, qui sert d’écrin parfait pour leurs deux flows. Comme avec son fils Stos, gentiment taclé dans le titre et d’autres rappeurs plus jeunes, Seth Gueko parvient également à faire transpirer de ce featuring une idée de transmission, d’adoubement de certains héritiers d’une école de rap.

 

 

Last album

 

Après plusieurs featurings de qualité, Seth Gueko enchaîne avec un solo minimaliste sur lequel il laisse sa plume s’exprimer, pour que la rime soit plus que jamais au service du propos. Contrairement à de nombreux rappeurs qui ont annoncé la fin de leur activité discographique avant de faire machine arrière, Seth Gueko entérine cette décision en nommant Last album un des titres forts de celui-ci, et ferme définitivement la porte à un éventuel allongement de sa discographie, tout en prévenant l’auditeur que le « last album » risque bien d’être également le « best album ».

 

 

Meurs tout bas (feat. Youssoupha)

 

Les deux rappeurs du Val d’Oise ont traversé toutes les époques du rap ensemble et ont régulièrement collaboré, cependant c’est étrangement la toute première fois qu’ils se retrouvent uniquement tous les deux sur un seul titre. Malgré la gravité du thème principal, la mort, les deux rappeurs ne manquent pas de faire des clins d’œil à des titres marquants de leur homologue, Youssoupha rappe ainsi : « J’ai connecté Seth Gueko, je suis un Jacques Mesrine black », tandis que le Professeur Punchline clôt le titre en citant « La mort en featuring ». Le sample de la chanteuse qui répète doucement « Meurs tout bas » rappelle l’ambiance instaurée par celui de Colette Renard dans Les derniers marioles de Soso Maness et SCH, et permet ainsi d’ancrer le morceau dans un certain cadre spatio-temporel, similaire à celui de Titi Parisien notamment.

 

Skyrock - Actualités - Oxmo Puccino, Youssoupha & Seth Gueko

 

 

King Barlou

 

Le titre du morceau laisse présager un egotrip rempli de bons mots toujours plus inventifs, et on n’est pas déçu. Les backs de Stos et le refrain autotuné apportent une énergie différente au titre, sans que Seth Gueko ne tombe dans le jeunisme. Le King Barlou est bien dans son époque, et le prouve en name-droppant à la suite Diddi Trix et P. Diddy, et en asseyant sa supériorité en solo avant d’enchaîner sur une nouvelle salve de featurings de tous horizons.

 

 

Krakoukass (feat. Dala)

 

Avant d’être repéré par Booba et signer sur le label La Piraterie, Dala s’était notamment illustré auprès de Seth Gueko sur Tu le sais et sur le remix de Coffre-fort. L’énergique mantois remet ça en introduisant le morceau avec un couplet bouillant, avant que Seth Gueko n’enchaîne avec des rimes millimétrées, réaffirmant sa position dans le rap française : « Je survole ce game comme un Krakoukass ». L’oiseau tropical qui donne son nom au morceau est tiré de la bande dessinée Les Schtroumpfs, nouvelle preuve de l’extrême largeur du spectre des références culturelles que le Professeur Punchline se plaît à intégrer à ses textes.

 

 

Gaine-dé (feat. Kanoé)

 

Le clip de ce morceau a été dévoilé le 3 juin, le même jour que cet album. Seth Gueko rentre ici parfaitement dans l’univers de Kanoé, et propose un premier couplet fidèle à lui-même ainsi qu’un refrain simple mais entêtant. Le jeune rappeur parisien ne semble pas impressionné par le fait de croiser le micro avec quelqu’un de deux fois plus âgé que lui et s’amuse de la situation, avec la phrase « Stos vous a menti, c’est moi le fils de Seth Guex », qui s’inscrit dans la lignée des différentes taquineries que les deux rappeurs s’échangent à l’occasion sur les réseaux sociaux.

 

 

Nouvelle géné (feat. Souffrance)

 

L’album Tranche de vie de Souffrance a surpris bon nombre d’auditeurs l’an dernier, connaissant malgré son parti pris sans aucune concession, un succès bien supérieur aux chiffres attendus et offrant au membre de L’Uzine une toute nouvelle exposition qui l’a notamment amenée à participer au Classico Organisé de Jul, un artiste dont il semble pourtant aux antipodes. En  bon amoureux des rappeurs à plume, Seth Gueko n’est donc pas passé à côté de l’opportunité de collaborer avec lui et par la même occasion de s’attaquer à la tendance du rap actuel : « Sans exagérer, quand j’entends le niveau des textes je suis gêné ». Les deux rappeurs se placent ici en gardiens du temple, parmi les derniers à pratiquer le « rap orthodoxe », formulation lâchée par Akhenaton sur Destroy, l’album précédent, lorsque Seth Gueko l’a convié sur Rap classic. Cependant, comme le montre le reste de la tracklist, Nicolas Salvadori n’est pas réfractaire aux autres styles de rap et se mélange volontiers avec, ce qui crée des cocktails toujours plus étonnants.

 

 

Dernier mojito (feat. Le Rat Luciano & Kofs)

 

Sur une instrumentale qui rappelle les grandes heures de la Fonky Family, Le Rat Luciano était dans les meilleures dispositions pour livrer un couplet de très haute qualité, avec son écriture caractéristique et des références qui feront frémir les puristes : « Moi je viens d’en bas, le grand, j’aurais pu être Koba LaD ». De son côté, Seth Gueko qualifie Luc’ de « Prodigy du Sud », tandis que Kofs revendique une filiation, à l’image de Kanoé plus tôt : « Bastos c’est le fils de Seth, moi j’suis le fils de Luc’ ». Cette dernière phrase vient conclure un couplet de Kofs entièrement construit autour de rimes sur le son « Seth », ce qui renvoie au couplet d’Akhenaton dans Rap classic, qui a quant à lui fait une rime sur chaque chiffre de 1 à 20. Le morceau entier est basé sur la thématique de la filiation, de la transmission culturelle et saupoudré de divers clins d’œil, comme sur le morceau qui suit.

 

 

Morts sous la même étoile (feat. Akhenaton & Sat l’artificier)

 

Le titre et l’instrumentale renvoient directement au classique Nés sous la même étoile d’IAM, et la présence d’Akhenaton appuie encore davantage cette filiation artistique. Sat l’artificier est également présent sur le morceau, lui le membre de la Fonky Family, qui s’est révélée dans le sillage d’IAM et a pris leur relais en tant que représentants de la cité phocéenne. Comme souligné par Akhenaton, le morceau Nés sous la même étoile avait vingt-quatre ans au moment de l’enregistrement de ce titre, mais la situation étant sensiblement la même, il pourrait sortir aujourd’hui sans problème. Cela crée un diptyque avec le morceau précédent, sur lequel deux autres marseillais sont invités, et permet de rappeler les liens de Seth Gueko avec la cité phocéenne hors du rap, lui qui y a récemment ouvert un Barlou Burger. Il s’agit du troisième morceau de l’album dans lequel on retrouve une référence à la mort dans le titre, après Mange tes morts et Meurs tout bas, comme une manière subtile d’évoquer le crépuscule de la carrière de Seth Gueko.

 

Profession rappeur-entrepreneur | Seth Gueko, Sinik…

 

 

Byzance (feat. Caballero & JeanJass)

 

Le refrain chanté de JeanJass apporte une touche de légèreté à l’album, tandis que Caballero se frotte à Seth Gueko sur son terrain favori, celui des longs couplets remplis de rimes multisyllabiques. Cette collaboration avec le duo belge donne un titre à l’ambiance différente du reste du projet, qui peut se muer en éventuel single, sans toutefois que le propos des artistes en soit altéré.

 

 

Cali Cali (feat. Jason Voriz & Le Roi Heenok)

 

La touche de légèreté du morceau précédent était nécessaire pour mieux se préparer à la folie des deux invités suivants. Le Roi Heenok, avec son flow si particulier, ouvre le bal avec le premier couplet et se charge également du refrain, tandis que Jason Voriz s’occupe quant à lui de la conclusion, avec des punchlines venues d’ailleurs. Entre ses deux invités, Seth Gueko livre une performance fidèle à lui-même. S’il s’agit du dernier album de Seth Gueko, son acolyte de longue date Jason Voriz s’apprête quant à lui à sortir son premier véritable format album le 24 juin, qui s’inititulera Va en Enfer, et ce featuring apparaît comme une très bonne promotion pour le faire découvrir à un public qui le connaît relativement peu.

 

 

  1. 62 (feat. Tovaritch)

 

Dès l’apparition de Tovaritch sur la scène rap français, l’imagerie de ce colosse d’ascendance russe et tatoué de partout, adepte d’un rap très testostéroné, n’a laissé aucun doute sur le fait qu’une collaboration avec Seth Gueko se devait d’arriver un jour ou l’autre. Les deux rappeurs se complètent à merveille et livrent un morceau plein d’énergie, idéal pour accompagner toute pratique sportive. Bien qu’approchant encore un peu plus de la fin de son ultime album, Seth Gueko ne montre toujours pas le moindre signe de fatigue et semble toujours dans le coup peu importe le rappeur avec qui il collabore.

 

 

Succession (feat. Stos)

 

Seth Gueko et son fils Stos ont marqué les esprits l’an dernier avec l’EP Tel père tel fils, qui symbolise un passage de relais entre deux générations, et fait également office de carte de visite pour son fils. Celui-ci a depuis pris son envol et dévoilé quelques titres solo en attendant un premier projet solo de sa part, mais cela ne l’empêche pas de s’offrir le plaisir de rapper avec son père à l’occasion. Leur proximité est visible à travers certaines phrases, le refrain de Stos débute notamment par : « Mon daron c’est mon refrè », tandis que Seth Gueko le taquine : « Mon fils s’appelle Djibril, mais je l’appelle Djibrilou ». Dernier featuring de cet album, ce titre permet également de mesurer ce dont Stos a hérité de son père sur le plan musical, à savoir une certaine science de la rime et de la punchline, tout en ayant intégré les tendances de son époque, et cela crée ainsi une certaine impatience d’en voir plus à l’occasion de son futur projet solo.

 

C'est dur d'être dans la longévité, d'avoir encore des conneries à dire » explique Seth Gueko à son fils Stos avec lequel il sort « Tel père tel fils »

 

 

Le tigre qui pleure

 

Pour conclure cet ultime album, Seth Gueko livre un des titres les plus introspectifs et mélancoliques de sa carrière. Expatrié en Thaïlande durant quelques années, il s’y est marié et a eu deux filles, qui sont rentrées en France avec lui avant qu’il ne divorce et que son ex-femme ne décide de les ramener avec elle en Thaïlande, contre son avis personnel. L’évocation du tigre qui pleure, plat typique thaïlandais et à la carte de son Petit Phuket à Pontoise, pour illustrer la douleur que cette situation lui cause, prend l’auditeur par les sentiments, Seth Gueko n’ayant jamais habitué son public à autant lui dévoiler ses failles. Malgré plusieurs voyages en Thaïlande, il ne semble pas encore être parvenu à arranger la situation, et on ne peut que lui souhaiter un dénouement heureux et rapide. Ce dernier album se clôt de manière bouleversante, on n’écoute plus Seth Gueko ou le Professeur Punchline, mais tout simplement Nicolas Salvadori.

 

 

Article rédigé par Adrien

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